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Le jiu-jitsu brésilien

Un art martial peu connu et reconnu

lundi 8 mars 2004, par Kennard

Cet article a vocation à présenter le jiu-jitsu brésilien, un art martial inspiré du jiu-jitsu japonais mais plus basé sur les techniques de grappling. La personne présentée en logo est le champion Royce Gracie, dont l’article parle dans la partie historique.

Historique

L’histoire du jiu-jitsu brésilien a commencé avec Maeda Komaru, un maître japonais du jiu-jitsu puis de sa version sportive plus douce le judo. En 1904, à l‘âge de 26 ans, il voyagea aux tats-Unis avec un de ses instructeurs, Tomita, pour faire une démonstration de judo à l’académie de West Point. Ce fut un échec car les Américains ne comprirent pas les techniques employées. Maeda rest à New York et commença une carrière de combattant professionnel, sous le nom de Comte Koma, qui le mena en Espagne, en Angleterre, puis finalement au Brésil en 1915. Il y devint également instructeur de judo, sous la forme ancienne et no la forme sportive, c’est à dire plus proche du jiu-jitsu que du judo moderne.

Un de ses étudiants, Carlos Gracie, est considéré comme le fondateur du jiu-jitsu brésilien et le premier d’une longue lignée de combattants célèbres de la famille Gracie. A cette époque, la boxe et la capoeira étaient les seuls ats martaux présents au brésil, et ne possédaient pas de techniques de grappling. Carlos Gracie mélangea donc le jiu-jitsu avec certaines techniques locales pour créer sa propre technique et ouvrir son école. Comme avait fait Maeda, il défia les autres écoles pour prouver la valeur de sa technique, laissant ses frères participer aux combats tands que lui peaufinait les prises.

Le cadet, Hélio Gracie, s’est notamment fait remarquer en gagnant tous ses combats à cette époque. Il s’est illustré en battant des champions de judo, ne perdant finalement que contre le grand champion japonais Kimura, plus jeune et beaucoup plus lourd. La seule autre défaite d’hélio fut lors d’un comba contre un de ses élèves, Valdemar Santana, lors du plus long match de jiu-jitsu connu, soit 3 heures et 45 minutes. Ce fut le dernier match d’Hélio. Le fils de Carlos, Carlson, entra alors dans le ring à 17 ans et parvint à venger sa famille en battant Santana à quatre reprises, plus deux matches nuls.

Les enfants d’Hélio, Rickson et Royce, sont devenus célèbres dans le monde entier avec leurs nombreuses vcitoires dans des combats contre des champions d’autres disciplines. Royce s’est illustré dans les premières éditions de l’Ultimate Fighting Championship, ne perdant aucun match en cinq participations (11 victoires et un nul).

Attributs

Le jiu-jitsu brésilien, comme beaucoup d’arts martiaux, compte assez peu sur la force. Les grands champions que sont les Gracie étaient généralement petits et beaucoup moins lourds que leurs adversaires (Royce Gracie pesait à peine 63kg lors de ses victoires !). Cet art martial compte plutôt sur cinq qualités majeures : l’équilibre, la coordination, la maîtrise de la distance, le timing et la précision. D’autres qualités entret en lige de compte mais ces cinq sont la fondation nécessaire pour devenir un grand combattant avec cette technique.

L’équilibre est la capacité de contrôler et de manipuler son équilibre pendant une période de temps assez longue. Conserver son équilibre nécessite de garder le poids centré entre les genoux et la tête centrée au-dessus des hanches et des genoux. La perte d’équilibre doit être un choix conscient dans une stratégie, faute de quoi elle peut causer la défaite. Cet attribut est souvent négligé car considéré comme allant de soi. Ce qui est une erreur grossière car l’équilibre doit être amélioré et faire l’objet d’un entraînement spécifique.

La coordination est la capacité de réaliser des mouvements de la même manière des deux côtés du corps. Chaque indivdu a un côté favori mais il est nécessaire d’apprendre à utiliser chaque technique majeure des deux côtés du corps. Faute de quoi, cette faiblesse aisément identifiable indiquera à l’adversaire comment et où attaquer.

La maîtrise des distances est la capacité à maintenir la bonne distance au bon moment. Comme pour l’équilibre, la plupart des étudiants pensent comprendre ce concept de manière naturelle. Cependant, il faut maîtriser les postures et les mouvements des hanches, des épaules et de la tête avant de pouvoir contrôler l’aspect spatial des combats.

Le timing est la capacité à faire la bonne technique au bon moment. C’est certainement l’attribut le plus important. Associé à une grande vigilance, il permet de vaincre en minimisant la dépense énergétique, ce qui est extrêmement important en tournoi. Il faut savoir utiliser la moindre fenêtre d’opportunité de manière optimale car un adversaire expérimenté offre peu de possibilités d’attaque.

La précision est la capacité de placer son corps dans la position exacte de levier pour la technique employée. La différence entre le succès et l’échec d’une technique est souvent une question de centimètres. En prenant la bonne position, la technique peut être utilisée de manière optimale.

Techniques

Le jiu-jitsu brésilien offre un immense choix de techniques et d’enchaînements, dépendant de la position de départ des deux combattants. Il serait bien entendu illusoire de prétendre faire un inventaire exhaustif de ces techniques aussi je me contenterai de présenter trois techniques de soumission, du plus classique au plus complexe.


La classique clé de cheville, toujours très efficace, s’effectue en piégeant une jambe adverse entre ses propres jambes, en faisant une figure de 4 avec les jambes. La cheville adverse est piégée entre l’épaule et le poignet. En s’arquant vers l’arrière, la tension appliquée à la cheville adverse le force à abandonner.


La prise de Kimura est nommée ainsi en mémoire d’un combat historique. L’adversaire est au sol sur le dos. Il faut attrapper le poignet gauche avec sa main droite puis passer le bras gauche sous celui de l’adversaire, pour saisir son propre poignet droit. Le bras adverse est tiré à 90° puis une forte pression appliquée sur l’épaule.

La prise du crucifix est spectaculaire mais d’exécution complexe. La position de départ est de monter l’adversaire allongé sur le dos. Il faut attraper le bras droit avec sa main gauche pour appuyer le coude sur se poitrine puis le bloquer en appuyant de tout son corps sur le coude. Il faut alors passer le bras gauche sous la tête pour attraper le poignet droit adverse. En saisissant le coude droit avec sa main droite, on fait basculer l’adversaire sur le côté gauche. A ce moment, il faut attraper le coude gauche adverse avec sa main droite puis rouler sur l’arrière en mettant ses jambes autour du tronc adverse. La main droite glisse du coude vers le poignet droit tandis que le pied gauche se glisse sous le coude. Le pied gauche glisse vers le sol, bloquant le bras gauche adverse sur le sol tandis qu’on se positionne perpendiculairement à l’adversaire en tirant son bras droit vers soi. Pour achever la prise, il faut basculer sur le côté en faisant passer la jambe droite derrière la tête adverse et en appliquant une forte pression sur le cou.

Conclusion

Le jiu-jitsu brésilien est un art martial jeune et en permanente évolution. Bien que peu médiatisé en Europe, il est réputé au Brésil et dans les tournois de type MMA (mixed martial arts). Chaque champion apporte ses propres techniques à l’arsenal de cet art martial et renforce ainsi son potentiel. Il forme également un complément idéal à un art martial de combat debout.


Voir en ligne : Site sur le jiu-jitsu brésilien, très complet

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